Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis professeure en Sciences du langage à l’université Grenoble Alpes, dans sa composante en charge de la formation des enseignants, l’INSPE de l’académie de Grenoble (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation). J’y ai été recrutée comme maitresse de conférences en 2002 après une quinzaine d’années passées dans le secondaire. J’en suis depuis près de deux ans directrice adjointe en charge des ressources humaines.

Mes travaux de recherche, conduits au laboratoire Lidilem, portent sur l’enseignement et l’apprentissage de la production écrite. Ce qui m’intéresse tout particulièrement : la description des acquisitions orthographiques des élèves du primaire et du secondaire ; l’évaluation de pratiques de classe et de dispositifs expérimentaux pour l’apprentissage de la langue et de la production d’écrit.

Quel rôle jouez-vous dans Pégase ?
Je suis responsable de l’action 4. C’est une action de recherche collaborative qui vise la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de dispositifs d’apprentissage dans le domaine des apprentissages fondamentaux. Les dispositifs qui auront fait leurs preuves seront mis en œuvre dans un très grand nombre de classes, avec un suivi des mêmes élèves sur plusieurs années, d’une part aux cycles 1 et 2, d’autre part aux cycles 3 et 4.

Une de mes missions est donc de faire travailler ensemble chercheurs et enseignants à la construction de dispositifs éprouvés, gagnants, efficaces pour apprendre les langages oral et écrit et les mathématiques, d’en sélectionner certains et de les tester à grande échelle.

Pourquoi avez-vous souhaité vous impliquer dans Pégase ? Qu’est-ce qui vous intéresse plus particulièrement ?
Plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord l’objectif clairement affiché dans Pégase de lutte contre les inégalités scolaires et de réussite de tous les élèves. Je suis particulièrement motivée par la réflexion sur les conditions d’implémentation d’une opération aussi ambitieuse dont on souhaite qu’elle ait des retombées dans l’école en termes de lutte contre les inégalités de tous ordres.

Il y a aussi la cohérence d’ensemble du projet et le lien avec les autres actions. La co-élaboration de ressources pour l‘enseignement peut se faire également dans le cadre de l’action 3, qui finance des projets collaboratifs visant la production d’outils éprouvés. L’action 3 peut aussi nourrir le travail des équipes en organisant des évènements scientifiques (conférences et workshop), tout comme l’action 5. Pégase est un projet fédérateur !

La formation des enseignants aux pratiques retenues dans le cadre du suivi longitudinal se fera en lien avec l’action 2, de formation continue, ce qui assurera une bonne intégration de la recherche dans la formation et devrait contribuer à faire évoluer les pratiques. La question de la formation et du lien entre recherche et formation est pour moi très importante : je me suis impliquée dans le « plan français » déployé actuellement, j’ai coprésidé la conférence de consensus Ecrire et rédiger : comment accompagner les élèves dans leurs apprentissages ?

Les enseignants se posent beaucoup de questions sur leurs choix et sur les apprentissages des élèves. Chercher ensemble des réponses, regarder autrement les élèves et leurs productions, avoir le temps de le faire… voilà qui me motive beaucoup !